x-mas+ 2002: Petra Grünig

07.12.2002 – 05.01.2003

 

Die Waldfrau - oder : je suis suisse

 

L'artiste Petra Grünig est la lauréate du concours x-mas+. Ce concours, proposé pour la première fois, met à disposition la plus grande salle du CentrePasquArt. Petra Grünig a proposé une installation vidéo dont le thème est d'abord autobiographique.

 

Petra Grünig (1968, Thoune) propose pour la salle Poma une installation vidéo composée de six grandes images qui, projetées en même temps, transforment la salle en une forêt bruissante à travers laquelle une silhouette (la femme de la forêt) passe. Un contraste s'opère entre la réalité de la forêt - sombre, calme et impénétrable - et la poétique apparition féminine blanche, en mouvement mais silencieuse. Où va cette femme, que cherche-t-elle ? Pour l'artiste il s'agit d'une figure d'elle-même, d'un autoportrait donc, en grandes dimensions, mais qui ne symbolise pas seulement le dépassement de ses propres limites physiques. L'artiste, née en Suisse, est partie il y a dix-sept ans déjà vivre et travailler dans divers pays. Elle ne se sent cependant d'aucun des endroits où elle a résidé. Déchirée entre ces différentes stations, comme entre sa patrie et l'étranger ? elle travaille actuellement à Berlin et en Suisse le mouvement perpétuel de la figure d'une image à l'autre symbolise son déplacement d'un lieu à l'autre, d'une dimension à l'autre. « je suis suisse » : pour Petra Grünig, la Suisse lui évoque l'image de la forêt, non celle des montagnes, des Alpes plus lointaines. Cette image lui vient de son enfance vécue à Thoune, proche de la forêt, et est liée à son sentiment patriotique. Pour les analystes modernes la forêt symbolise l'inconscient. Si l'artiste est mentalement en Suisse, se sent-elle toujours plus suisse à l'étranger ? Sa tentative de sortir de l'image, c'est-à-dire de la forêt, n'aboutit pas, bien au contraire. La forêt est aussi un thème récurrent de la littérature moyenâgeuse dans laquelle elle symbolise un lieu d'épreuves. Elle se trouve du reste mentionnée dans la première phrase de « La Divine Comédie » de Dante. Le début situe en effet le poète, qui représente l'humanité, égaré au milieu d'une forêt que l'on peut s'imaginer semblable à celle que nous présente Petra Grünig. Ceci d'autant plus que la silhouette se déplace en cercle, dans le premier cercle encore. Le spectateur se trouve confronté au choix, soit de suivre l'évolution de la figure, soit d'attendre, sans bouger, qu'elle revienne dans son champ de vision. L'installation concentre l'attention du spectateur, offre peu d'échappée au regard, car la forêt occupe tout l'espace. Les images ouvrent l'espace d'exposition, formant comme des fenêtres grandes ouvertes sur une autre dimension.

 

Petra Grünig est née en 1968 à Thoune. Après avoir étudié à Chicago, Toronto et New York, elle vit entre la Suisse et Berlin. Depuis 1998 elle travaille principalement sous forme d'installations. Les nouveaux médias l'intéressent particulièrement parce qu'ils permettent une réflexion sur le temps et l'évolution de l'homme. hc/dd

 

Cette exposition bénéficie du généreux soutien de Feusier Engineering SA Habegger Media Performance.

 

www.isaart.com/Petra_Gruenig.html